Logements Île de Nantes,

Nantes, 2014-2018

Le plot 2 se positionne au centre du plan masse de l’îlot Brossette en retrait des voies publiques, le long du cour Brossette, voie piétonne nouvelle distribuant l’ensemble du site. Il se présente comme un bâtiment autonome situé à distance des plots voisins (plot 1, plot 3, plot 5 et plot 6), situé à l’alignement du cour Brossette sur sa façade Est et entouré d’un jardin sur ses façades Sud, Ouest et Nord.

Au rez-de-chaussée, les différents accès aux bâtiments son regroupés sur la façade Est s’ouvrant largement sur le cour Brossette.
Dans les étages, les quatre façades du bâtiment s’ouvrent largement afin de faire profiter à l’ensemble des logements des différentes orientations et vues que propose le site.
Le programme du plot 2 se développe sur 17 niveaux (R+16).

Le volume du bâtiment se lit comme trois corps de bâtiments superposés proposant  deux jeux de retraits successifs (niveaux 7 et 11) affinant et verticalisant le profil de construction. Dans une volonté de cohérence de l’ensemble des bâtiments de l’îlot Brossette, le plot 2 se présente comme un volume massif et vertical avec des façades unitaires régulièrement percées.
Ayant un rôle pivot au centre du plan masse de l’îlot, le projet propose une échelle de percements de 2 niveaux de hauteur.

Bâtiment minéral, le plot 2 affirme sa durabilité; ses façades sont constituées de voiles de béton teintés dans la masse et matricés, coulés sur place.

 

Sur l’île de Nantes, perpendiculairement au bras de la Loire, l’opération Polaris (2012-2019) investit une étendue délimitée, un rectangle allongé et sans relief, terrain quasiment abstrait, s’il n’était compris dans un environnement déjà construit. Le plan, conçu par LAN (Local Architecture Network : Benoit Jallon (1972) et Umberto Napolitano (1975)), dispose de six bâtiments comme sur une esplanade, quatre étant confiés à LAN, un à Abinal & Ropars, et un autre à Stéphane Fernandez. LAN développe ce qu’il appelle le « modèle hybride » d’un « plan en lanières », hybride parce que l’opération « est encadrée par deux types distincts : d’une part les cours avec jardin, de l’autre les grands ensembles », idée d’hybridité qui rappelle celle de la « troisième ville » ou de la « ville variée ».

Le positionnement des bâtiments, tous à distance les uns des autres, répond au tracé d’un damier ; tout espace libre est public et permet la traversée piétonnière de l’ensemble de l’opération Polaris, les programmes n’ayant pas d’espaces extérieurs qui leur soient propres. L’alternance des cases vides de l’espace public et des cases pleines des bâtiments prend aussi compte les constructions environnantes, les faisant ainsi « entrer dans la composition ». Les bâtiments sont constitués de parallélépipèdes simples et d’ordonnances régulières et répétitives ; ils partagent une même gamme de matériaux – bétons colorés et enduits -, si bien qu’ils peuvent effectivement évoquer les pièces d’un jeu d’échec, bien sûr différentes, mais qui en même temps appartiennent à une même famille d’objet – on est ici loin de la recherche de diversité qui était généralement en jeu dans la problématique des îlots ouverts. L’espace public homogène, lisse, donne un accès direct à chacun des programmes, sans transition particulière. Pour ce qui est des logements, on peut dire que les bâtiments les enferment dans leur sphère privée, réduisant à peu la dimension collective, celle d’usages possiblement partagés au niveau du sol de la ville. L’opération Polaris propose une scénographie entre des objets architecturaux indépendants, ceux-ci s’écartant les uns des autres comme pour retrouver la possibilité d’un plan libre urbain – antithèse de l’îlot ouvert ou composé -, et les relations qu’ils entretiennent entre eux et avec leur environnement fabriquant une nouvelle texture paradoxalement discontinue – problème que nous retrouverons dans un prochain chapitre.

Jacques Lucan, HABITER ville et architecture, EPFL Pres, 2021

projet
Construction de 73 logements sociaux et un local d’activités dans le cadre d’un macro-lot de Kaufman & Broad

dates
2014-2018

phases
Commande directe – livré

maîtrise d’œuvre
Abinal&Ropars – Edouard Ropars et Julien Abinal architectes avec LAN architectes coordinateurs

bureaux d’étude
Base (paysage), Betap/Serba (structure), Bureau Michel Forgue (économie), ALBDO (fluides)

maîtrise d’ouvrage
NANTES MÉTROPOLE HABITAT

site
Ilot Brossette – NANTES